Interview d’Oliver Nestelhut

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Quand est née votre vocation d’artiste et qu’est ce qui l’a déclenchée ?
Je dois avouer que je n’ai pas de souvenir d’un évènement déclencheur. L’art, la création ont toujours été là. Il y avait sans doute un environnement familial favorable. Qui plus est, le fait d’être l’aîné et de passer beaucoup de temps seul ont contribué à développer un imaginaire qui depuis ne m’a pas quitté. De la même manière, je ne peux pas dire qu’il y eut un medium artistique privilégié dès le début. J’ai commencé à apprendre à peindre et à jouer de la musique autour de 6 ans puis avec l’apprentissage de l’écriture à coucher mes histoires sur le papier. Je choisissais l’une ou l’autre forme en fonction de ce qui me venait à l’esprit. Et d’une certaine manière, même si je passe maintenant plus de temps à peindre, je fonctionne encore de la même manière.

Une époque, un artiste ou un courant qui vous a particulièrement marqué.
Il y a évidemment les maîtres anciens mais j’aurai plus envie de parler de mon dernier choc artistique et d’un vivant : David Hockney. Tout chez lui m’inspire : ses couleurs, ses lumières, ses recherches formelles, le fait qu’il ne s’arrête jamais de chercher et surtout sa très grande liberté. Pour moi, son travail donne à voir que l’émotion picturale encore aujourd’hui reste dans le traitement chromatique d’un objet figuratif ou abstrait, sans être obligé de passer par un mode discursif pour y avoir accès : la peinture peut se suffire à elle-même et elle a encore un bel avenir devant elle.

Les rencontres qui ont compté dans votre parcours ?
Ce qui me vient à l’esprit à brûle-pourpoint, ce n’est pas une personne mais une mentalité, celle de l’Amérique du Nord. Cela m’a permis de me dégager du côté névrotique et arrogant du vieux monde et surtout de la France où tout est une question d’histoire, de courant. J’étouffais dans un environnement artistique qui passait son temps à référencer le travail d’autrui et dans le même temps, chose paradoxale, à être dans une quête absurde de neuf et d’originalité. J’ai découvert que la chose la plus importante était de faire, après on voit ce qu’il se passe. Au lieu de vouloir me situer dans un courant, j’utilise ce qui m’a précédé ou ce que je vois chez mes contemporains comme une formidable boîte à outil avec des solutions aux problèmes formels que je me pose. Pour le reste, ce sont les filtres de mon histoire, de ma culture et de mon corps. Autrement, 2 personnes, 2 artistes et amis, le peintre Alain Sebag et le batteur de Jazz décédé Oliver Kaufmann Johnson.

Une couleur fétiche ?
Je n’ai pas de couleur fétiche. Une couleur ne m’intéresse que dans sa relation à une autre. C’est la vibration de leur association qui me fait, et c’est le cas de le dire, vibrer.
Par contre, il y a une couleur que j’utilise rarement en dehors des mélanges, c’est le jaune. Pur, je ne sais pas quoi en faire. Il va falloir que je bosse là-dessus, un de ces quatre.

Qu’est-ce qui vous ressource ou vous inspire…
Le travail des autres, les gens qui pensent et ce tous domaines confondus, les rencontres, les amis et la voile.

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