Interview de Phil artist

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When was your vocation as an artist born and what triggered it?
I would say in 1975 at 5 years old. My parents worked in NYC and I would ride the subway with them back and forth from Queens. The skyline, architecture and the subways, seeing the first tags on the subway was en grained in my memory since. I would try to draw what I saw when I would get back home.

An era, an artist or a current that particularly marked you.
My sister’s friend Patricia was the first talented and professional artist’s work I saw. Her pencil, charcoal drawings and hand painted denim jackets I saw as a kid/early teen amazed me. And of course, growing up in the 80’s NYC graffiti era!

The meetings that counted in your career?
Some of my high school class were graffiti writers. It was in those years there I found out about the exchange of blackbooks, making a homemade marker, etc. Also, the mystery not meeting many of the notable graffiti artists inspired me!

What gives you resources or inspires you … (music, literature, architecture, nature, a place …)
Being born and raised in Queens, NYC to French parents and taking a photography class in my 20’s, I discovered the work of Henri Cartier-Bresson and capturing moments. It inspires most all of my work still today, trying to paint and draw moments I remember in my younger years or scenes that I see in my travels. Music, 90’s hip-hop, 80’s metal, jazz, and blues.

A favorite color?
Shades of grey

Interview confiné de Tarek

Aujourd’hui c’est l’interview confiné de Tarek, de quoi en apprendre un peu plus sur cet artiste multicasquettes…en photo les 2 oeuvres évoquées dans ses réponses.

Ta tenue de confinement ?
Je suis habillé en pyjama toute la journée pour travailler dans mon bureau. Cette tenue n’est pas forcément liée à la drôle de situation que nous vivons depuis près d’un mois. Je travaille chez moi depuis plus de 20 ans et, la plupart du temps, je suis en pyjama « de travail »…

Ta musique de confinement ?
Le matin quand je suis sur mon ordinateur, de la musique calme (musique baroque et musique religieuse) puis, dans la journée, si je continue de bosser sur mon ordinateur, je change de registre selon mon humeur : électro, musique arabe classique, Bach ou encore de la funk… Quand je peins je n’écoute pas de musique mais je mets des séries policières en ambiance de fond…

Ta toile préférée réalisée pendant ce confinement ?
Je suis confiné depuis le 11 mars (j’ai été opéré juste avant le confinement général) et, depuis le 14 mars, j’ai beaucoup dessiné et peint quelques toiles. Ma préférée est certainement celle de la série Tribal (40cmx30cm) avec un fond bleu-gris. Elle est à la fois joyeuse et mystérieuse…

Ta toile qui évoque le plus le confinement ?
C’est un dessin (format A3) que j’ai intitulé « Pandémia » dans lequel j’ai synthétisé ce qui nous arrive actuellement à travers des citations visuelles.

Ta question de confinement ?
Tu vas bien ?

L’endroit ou tu aurais aimé être confiné ?
Je suis bien chez moi (rires)…

Ce qui te manque le plus pendant ce confinement ?
Me rendre au café et dans mon nouvel atelier pour peindre des grands formats…

La 1ère chose que tu vas faire après ce foutu confinement ?
Aller au café et dans mon atelier terminer les grands formats en cours !

Ce que tu vas changer après ce que confinement ?
Cette question est excellente car je pense que nous tous, collectivement, nous allons devoir nous poser les vrais questions sur ce que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants, de nos voisins et nos amis… Pour le moment, j’ai surtout penser à occuper mon esprit à autre chose en dessinant et en peignant car tous les événements, expositions, festivals et sorties BD qui étaient prévus entre mars et octobre ont été annulés ou reportés sine die. Autant dire, un gros coup au moral ! Cette situation m’a mis en danger professionnel (c’est la seconde fois que je connais ce genre de situation depuis que je vis de mon art) : je pense que je vais redéfinir ma manière de travailler, mes collaborations futures et sûrement m’éloigner des personnes « toxiques » que je tolérais par gentillesse… Il faut grandir après ce genre d’épreuve et passer un nouveau cap. Je suis de nature optimiste et je compte bien profiter de cette retraite « forcée » pour en sortir plus fort et plus créatif.

Une pensée à toutes celles et ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à combattre cette pandémie.

Interview d’Alain Robet

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Quand est née votre vocation d’artiste et qu’est ce qui l’a déclenchée ?
Alors que j’étais en fac de droit, je me suis rendu à un festival BD qui se tenait sur le campus. J’ai alors découvert des auteurs à peine plus âgés que moi. J’étais un gros lecteur de BD et j’aimais bien dessiner. Je m’y suis mis sérieusement tout en poursuivant mes études. J’ai alors rencontré d’autres passionnés, nous avons monté un fanzine, Café Noir, qui a remporté le prix à Angoulême. C’était parti !

Une époque, un artiste ou un courant qui vous a particulièrement marqué.
Comme je le disais, je viens de la BD et, en particulier, historique. Mes auteurs préférés étaient Bourgeon et Juillard. J’étais bien sûr ouvert aux autres courants artistiques et curieux de nature. Mes goûts sont donc assez éclectiques et vont de Holbein à Lucian Freud pour les portraits, par exemple.

Les rencontres qui ont compté dans votre parcours ?
La bande d’auteurs BD de Rouen, dont Dom la scénariste de Gabrielle B., où j’habitais et où tout a commencé. La visite chez Bob de Moor, premier assistant d’Hergé à mon entrée au Lombard puis la collaboration avec Patrick Cothias, pour la collection Vécu chez Glénat. Les festivals BD ou les salons de peinture sont aussi souvent l’occasion de belles rencontres.

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Qu’est-ce qui vous ressource ou vous inspire…
J’adore mon lieu de vie, le Finistère avec ses magnifiques paysages maritimes ou de campagne et de landes et ses ciels changeant et toujours renouvelés. Je lis très peu de romans depuis de nombreuses années et m’intéresse surtout à la documentation très riche dont j’ai besoin pour mes ouvrages historiques. J’aime bien aussi regarder un bon film ou une série et bien sûr des documentaires, là aussi c’est très éclectique.

Une couleur fétiche ?
Le Glaz. En breton cela signifie à la fois bleu et vert qui est souvent la couleur de la mer par ici.

Interview d’Oliver Nestelhut

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Quand est née votre vocation d’artiste et qu’est ce qui l’a déclenchée ?
Je dois avouer que je n’ai pas de souvenir d’un évènement déclencheur. L’art, la création ont toujours été là. Il y avait sans doute un environnement familial favorable. Qui plus est, le fait d’être l’aîné et de passer beaucoup de temps seul ont contribué à développer un imaginaire qui depuis ne m’a pas quitté. De la même manière, je ne peux pas dire qu’il y eut un medium artistique privilégié dès le début. J’ai commencé à apprendre à peindre et à jouer de la musique autour de 6 ans puis avec l’apprentissage de l’écriture à coucher mes histoires sur le papier. Je choisissais l’une ou l’autre forme en fonction de ce qui me venait à l’esprit. Et d’une certaine manière, même si je passe maintenant plus de temps à peindre, je fonctionne encore de la même manière.

Une époque, un artiste ou un courant qui vous a particulièrement marqué.
Il y a évidemment les maîtres anciens mais j’aurai plus envie de parler de mon dernier choc artistique et d’un vivant : David Hockney. Tout chez lui m’inspire : ses couleurs, ses lumières, ses recherches formelles, le fait qu’il ne s’arrête jamais de chercher et surtout sa très grande liberté. Pour moi, son travail donne à voir que l’émotion picturale encore aujourd’hui reste dans le traitement chromatique d’un objet figuratif ou abstrait, sans être obligé de passer par un mode discursif pour y avoir accès : la peinture peut se suffire à elle-même et elle a encore un bel avenir devant elle.

Les rencontres qui ont compté dans votre parcours ?
Ce qui me vient à l’esprit à brûle-pourpoint, ce n’est pas une personne mais une mentalité, celle de l’Amérique du Nord. Cela m’a permis de me dégager du côté névrotique et arrogant du vieux monde et surtout de la France où tout est une question d’histoire, de courant. J’étouffais dans un environnement artistique qui passait son temps à référencer le travail d’autrui et dans le même temps, chose paradoxale, à être dans une quête absurde de neuf et d’originalité. J’ai découvert que la chose la plus importante était de faire, après on voit ce qu’il se passe. Au lieu de vouloir me situer dans un courant, j’utilise ce qui m’a précédé ou ce que je vois chez mes contemporains comme une formidable boîte à outil avec des solutions aux problèmes formels que je me pose. Pour le reste, ce sont les filtres de mon histoire, de ma culture et de mon corps. Autrement, 2 personnes, 2 artistes et amis, le peintre Alain Sebag et le batteur de Jazz décédé Oliver Kaufmann Johnson.

Une couleur fétiche ?
Je n’ai pas de couleur fétiche. Une couleur ne m’intéresse que dans sa relation à une autre. C’est la vibration de leur association qui me fait, et c’est le cas de le dire, vibrer.
Par contre, il y a une couleur que j’utilise rarement en dehors des mélanges, c’est le jaune. Pur, je ne sais pas quoi en faire. Il va falloir que je bosse là-dessus, un de ces quatre.

Qu’est-ce qui vous ressource ou vous inspire…
Le travail des autres, les gens qui pensent et ce tous domaines confondus, les rencontres, les amis et la voile.

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Interview de Sophie Neury

Quand est née votre vocation d’artiste et qu’est ce qui l’a déclenchée ?
Je ne sais pas exactement à quand remonte ma vocation d’artiste : il n’y a ni musicien ni peintre dans ma famille. Avant de choisir de m’engager dans cette voie, j’ai été attirée par le piano que j’ai commencé très tôt. Fille unique, je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents paternels, je pense que c’est à leur côté que j’ai développé un sens artistique. Très tôt, j’ai partagé les intérêts de ma grand-mère pour la pâtisserie et la photographie : elle collectionnait les insectes, les oeufs dans de magnifiques boîtes en bois, les minéraux et les oiseaux empaillés trouvés morts, ici et là, dans la campagne alentour. Elle avait une pièce qui ressemblait à un cabinet de curiosité à la Mark Dion, quand on est petit tout semble plus grand, ça m’a beaucoup marqué.

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Une époque, un artiste ou un courant qui vous a particulièrement marqué.
Je suis assez hétéroclite dans mes goûts artistiques, si j’ai une attirance pour l’expressionnisme abstrait, plutôt les artistes du «Color field » Rothko, Ellsworth Kelly, De Kooning, Joan Mitchell, j’ai moins de connivence avec Pollock. Chez eux j’aime les grands formats, l’implication du corps, le lâché prise qui est cependant toujours lié avec la maitrise du geste et leur expérience. Ça peut paraitre paradoxal mais j’ai aussi beaucoup d’affinités pour les peintres figuratifs allemands de la nouvelle école de Leipzig : Matthias Weischer, Christoph Ruckhäberle.

Les rencontres qui ont compté dans votre parcours ?
Changer d’école et partir finir mon cursus universitaire à l’étranger a été très enrichissant dans ma pratique, cela m’a permis de me confronter à d’autres points de vues, d’autres manières d’enseigner l’art, de m’ouvrir à d’autres pratiques telles que les installations par exemple, de me nourrir d’autres références. L’Ecosse étant un pays anglo-saxon les références artistiques américaines y sont aussi plus prégnantes.
Pouvoir discuter et échanger avec d’autres artistes est important, leur énergie créatrice est très dynamisante et me régénère, j’ai fait la connaissance de Tarek il y a près de 7 ans et il a un rôle de « tuteur », c’est quelqu’un de moteur qui est souvent à l’origine de projets auxquels il m’associe et même si notre pratique diffère, je ne suis pas issue de la culture urbaine, du street-art, nous partageons les mêmes interrogations, les mêmes problématiques picturales, au delà d’une quelconque appartenance à un mouvement.

Qu’est-ce qui vous ressource ou vous inspire…
Un peu toutes les disciplines artistiques, j’aime profondément la nature, observer le rythme des saisons, me balader dans la campagne bourbonnaise, l’été c’est l’océan qui prend le relais, passer d’un milieu à un autre m’inspire… J’ai vécu deux ans à Paris, assez pour dire que je ne suis pas une vraie citadine mais l’énergie des capitales, la foule, sont des catalyseurs qui pourront ensuite se transformer en énergie créatrice, la peinture de Basquiat est très New-yorkaise. J’apprécie d’autant plus la quiétude à mon retour.

Sophie Neury

Une couleur fétiche ?
Le VERT s’il porte malheur au théâtre, il est pour moi très lié à la nature, à l’environnement : cette couleur symbolise aussi l’espérance, en peinture le vert Véronèse est réputé, j’aime aussi beaucoup son utilisation faite par Nicolas De Staël qui l’utilise avec brio.